ISTENQS
Ici se termine enfin notre quête Spirituelle

Dans ce monde

mais pas

de ce monde

 

Thierry Vissac -  Avril 2022

 

 

Je suis une âme. Avant tout et après tout. Cela signifie que je suis ici de passage pour une initiation.

Dans ce monde mais pas de ce monde.

Ma demeure éternelle n’est pas la Terre. Mais j’y suis arrivé et tout me conduit et me pousse parfois à m’y attacher le temps de cette visite.

Il n’est pas indispensable de se souvenir de cela pour vivre ce que nous sommes venus vivre. Mais il vient un temps dans ce parcours où cette connaissance vient à nous. Souvent dans les périodes les plus éprouvantes : Je suis (une âme) dans ce monde, mais (qui n’est) pas de ce monde. Je suis dans un monde que je ne reconnais pas toujours, où je ne me sens pas souvent à la maison.

Ce temps va passer.

Il arrive même qu’on se désespère des affaires du monde. Mais la douleur est proportionnelle à la croyance que nous sommes de ce monde. C’est alors sans issue. Si, lors d’une promenade, je tombais provisoirement dans un fossé, je suis dans ce fossé mais pas de ce fossé. Je n’appartiens pas au lieu de ma chute, je vais en sortir et reprendre ma route. Le fossé n’est qu’un passage. Nous ne sommes pas prisonniers de ce monde.

Je prends l’exemple du fossé, parce que dans la « conscience de la faille », lorsque nous réalisons que nous portons tous en nous la crainte existentielle d’un gouffre intérieur, cette chute semble capable de nous engloutir, « corps et âme ». Ce n’est jamais le cas. Le gouffre est un passage qui nous ramène à notre âme. Il faut le traverser. L’existence terrestre est un passage qui nous ramène à l’âme, grandie par les contraintes de l’incarnation.

Dans ce monde mais pas de ce monde est une belle formule de rappel. Elle contient la mémoire apaisante de notre nature profonde et de son lien au plus grand que soi. Sans ce souvenir, nous pouvons nous sentir enfermés. L’âme éprouve d’ailleurs souvent cette impression de limitation et cela se transcrit dans le corps par des oppressions ou des désirs de fuite. L’âme se connait plus libre, plus spatiale dans son essence et l’excès de contraintes, ou même la folie du monde, suffit à provoquer des saturations sévères de temps à autres.

Alors, comme le murmure angélique de notre âme à notre oreille incarnée, revient le rappel, dans ce monde mais pas de ce monde. J’ai bien quelque chose à faire ici, je suis dans ce monde particulier, mais j’ai raison de ne pas me reconnaître en tout et de ne pas m’y soumettre, parce que je ne suis pas d’ici. L’impression d’être en décalage avec les codes de nos sociétés n’est donc pas une faiblesse. C’est un constat spirituel tout à fait légitime, le plus souvent.

Cependant, nous sommes ici pour vivre des traversées spécifiques (voir « Sur deux jambes - Émergence de l’âme et traversée de la faille ») et, le temps de notre passage, nous allons nous y consacrer. Tout le processus de l’incarnation nous pousse donc à cela. Nous ne pouvons pas nous dissocier non plus du processus vivant qui nous anime. Nous y sommes pour accomplir quelque chose de précieux. Mais nous avons conscience maintenant, et nous chérissons cette connaissance, que nous pouvons aussi et en même temps être en retrait et observateurs de la pièce de théâtre et de ses scénarios.

Je ne m’enracine finalement pas tant dans le monde que je ne le fais dans mon âme, et c’est à partir de ce terreau spirituel que je peux agir dans le monde avec plus de sérénité et de justesse. C’est à partir de cette conscience retrouvée que je peux donner le meilleur de moi-même, et ne pas seulement déplorer l’état du monde.

Je suis une âme. Avant tout et après tout. Dans ce monde mais pas de ce monde.

 

Voir aussi "dans mon âme et ma chair"

 

 

 

© Thierry Vissac, Textes, photos et dessins sur toutes les pages du site .