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La mutation de l'espèce humaine |
Il y a 500 000 ans environ,
homo erectus disposait
d’un cerveau bien plus petit que notre cerveau actuel. Pour devenir
celui qu’on a appelé ensuite
homo sapiens
(l’homme intelligent), il a fallu une mutation de
l’ADN qui a profondément transformé la conscience que notre ancêtre
avait du monde. Sa réflexion est devenue capable d’abstraction et les
premiers concepts sont nés de cette modification. Le cerveau a changé
de taille et de forme également afin de permettre l’expression de ces
nouvelles valeurs, de leur donner une assise physiologique sans
laquelle un potentiel n’est jamais complètement activé et
reproductible.
Certains scientifiques parlent de cette mutation comme d’une erreur de
parcours aux conséquences positives ! L’intelligence de la vie ne fait
pas d’erreur de parcours et l’avancée significative survenue à cette
époque est en train de se reproduire actuellement. Afin d’accéder à
« l’homme sage », qui doit naître au sein de notre espèce (et que nous
attendons avec un sentiment d’urgence), des modifications précises et
minutieuses sont en cours dont nous constatons les prémices.
La mutation est donc en cours et tout indique d’ailleurs qu’elle ne
survient pas par hasard dans le contexte actuel de notre civilisation.
Nos comportements doivent changer radicalement pour que notre espèce
survive et soit capable de manifester et d’incarner les grandes
valeurs qui nous échappent encore le plus souvent. L’amour ne peut
s’exprimer qu’en l’absence de quête de profit personnel. Notre société
est pourtant structurée à partir de cet instinct primitif qui va
devoir céder la place. Les dommages infligés à notre planète sont en
lien direct avec nos limitations actuelles tant au niveau du sentiment
qu’au niveau cognitif. Certaines choses ne « percutent » pas encore en
l’humain, malgré sa bonne volonté parfois. Quelque chose doit
changer !
En observant les manifestations des « gilets jaunes » en France
en novembre 2018, j’ai eu cette vision d’un monde qui s’éteint dans
un baroud d’honneur. En effet, la violence des manifestations et leur
alibi appartiennent tous à l’univers de l’homo sapiens. Notre
capacité à discourir peut nous faire croire (mais pas très longtemps)
que nous avons de bonnes raisons de nous comporter ainsi. Pointer les
dirigeants d’un pays comme s’ils étaient différents de nous, par
exemple, est à l’origine d’un aveuglement complaisant. Nous préférons
croire que le combat va nous faire « prendre le dessus » (et donc
devenir ceux que nous dénoncions), plutôt que de travailler sur soi
afin d’incarner des valeurs qui, seules, mettront un terme à ces
agissements primitifs. Autrement dit, les problèmes économiques ne
sont pas issus d’une caste de dirigeants mais d’un fonctionnement
humain partagé qui se perpétue depuis toujours en position de pouvoir.
En l’état actuel de notre cerveau, même un humain désireux de s’élever
au-dessus de la possibilité de corruption court tous les risques de tomber dans le
piège. La mutation n’est pas accomplie !
Plutôt que de perdre notre temps à manifester bruyamment et violemment
dans nos rues, à saccager le « mobilier urbain » avec la même
indifférence que nous avons en saccageant la planète, nous sommes invités à
accompagner cette mutation en conscience.
Pour participer à cette révolution génétique, il suffit que nous
acceptions un travail sur soi dont la finalité est de produire des
nouveaux circuits d’apprentissage dans le cerveau, allant dans le sens
de l’amour, de la compassion, de l’écoute, du respect et de mettre fin
ainsi aux comportements de prédateurs organisés et égocentriques.
L’intelligence de la vie n’a pas besoin de nous pour provoquer les
modifications de l’ADN, mais nous sommes en position de répondre à
cette mutation en incarnant les possibilités naissantes. Notre vieux
cerveau d’homo sapiens doit comprendre que nous voulons insuffler dans
sa structure même de nouvelles capacités, au « risque » de la bousculer sérieusement. Il nous revient d’agir, dans un cheminement
intérieur et intime, de telle façon que ces nouveaux chemins
d’expression des valeurs les plus profondes deviennent des réalités
vivantes. Sans cette démarche, partagée par le plus grand nombre, nous
ne ferons que retarder les perspectives lumineuses de cette mutation
au risque aujourd’hui flagrant d’une extinction probable de notre
espèce.
C’est pourquoi j’ai créé la page Facebook « les rubans blancs pour la
mutation de l’humanité », afin d’amener à la conscience de chacun les
enjeux exceptionnels de notre situation et de dynamiser nos démarches
pour qu’elles portent leurs fruits le plus tôt possible.
Participer à cette renaissance au sein même de notre espèce est un
projet magnifique que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser de côté.