ISTENQS
Ici se termine enfin notre quête Spirituelle

Humilité et sagesse,
les fruits mûrs spirituels

 

Thierry Vissac

 

Février 2023

 

 

On nous a promis tant de choses, on a cru à tant de choses, notre espérance est toujours vivante mais nous devons mettre au clair les objectifs spirituels de nos démarches.

Pour commencer, qu’est-ce que la spiritualité ? Une spiritualité digne de ce nom invite à un accord avec Dieu, l’intelligence du vivant, et à éprouver l’humilité, la sobriété et la sagesse.

Nous n’avons pas de pouvoir au-delà de ça. Nous ne sommes pas des créateurs de réalité. Nous sommes des pièces d’un puzzle cosmique, dont nous sommes avant tout des serviteurs. Nous n’avons pas créé la vie et ses lois naturelles et nous ne le ferons jamais. Il est possible que des événements se produisent en résonance avec nos états intérieurs et c’est sans doute l’origine de la croyance en la création de réalité, mais ce phénomène n’est pas automatique et ne se manipule pas.

La quête de pouvoirs et d’influences a toujours existé. Certaines ont même été codifiées dans des textes, comme pour les Siddhis dans les yoga sutra de Patanjali. Mais le pouvoir suprême dans la mystique traditionnelle est reconnu comme étant l’abandon de tous les pouvoirs et de la quête de pouvoirs.

La quête de pouvoirs est enracinée dans un refus du réel, en particulier des contraintes de l’incarnation et de l’évolution naturelle qui semblent nous être imposées. Alors nous cherchons à créer des réalités parallèles, comme quelqu’un le ferait avec une prise de psychotropes.

Faire la promotion de la création de réalité est un leurre, une impasse. La tentation est forte d’y croire mais on peut gagner du temps en ne s’y attardant pas. Ce n’est donc pas l’accord avec l’intelligence du vivant que j’évoquais, c’est une opposition, avec l’arrogance de se croire en position dominante sur le vivant.

L’humilité et la sagesse ont perdu leur sens dans la vague encore récente de libération des carcans de nos civilisations. Ce n’était pas « cool », c’était austère, trop relié à certains aspects des religions qui commençaient à être rejetées. Il fallait s’émanciper et les « sagesses orientales » qui semblaient promettre des grâces, des extases et des pouvoirs ont vite supplanté ces valeurs premières. C’est compréhensible. Mais nous éviterons facilement des déceptions et des impasses en réalisant que nos âmes s’incarnent pour un processus beaucoup plus humble. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de joie possible dans ce processus mais que la recherche de bien-être à tout prix, de contrôle du vivant, ainsi que le grand mélange des objectifs affectifs et spirituels, génèrent plus de chaos que de paix intérieure.

Humilité et sagesse, cela veut dire : reconnaissance et acceptation de notre condition réelle (une âme sur un chemin de vie et ses contraintes). Chaque fois que nous pouvons déceler une recherche de pouvoir et de contrôle, refus plus ou moins masqué de notre condition humaine, il vaut mieux se détourner si nous aspirons à une connaissance intime et guérisseuse de notre relation réelle à l’Intelligence de la vie.

 

 

© Thierry Vissac, Textes, photos et dessins sur toutes les pages du site .