ISTENQSTHIERRY VISSAC
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Un texte de Thierry Vissac

Enfants de Dieu, quel sens aujourd’hui ?

Nous sommes enfants de Dieu : que peut signifier cette expression aujourd’hui ?

Commençons avec le mot « enfant ». Nous ne naissons pas de nous-mêmes, nous sommes enfantés. Ce qui implique que nous sommes, en conséquence, protégés, éduqués et guidés. Si nous adoptons cette perception, cela implique un regard particulier sur notre condition : nous ne nous plaçons plus en position ascendante (« je sais tout », « je suis indépendant », « je n’ai besoin de personne »), nous acceptons de recevoir un enseignement, nous reconnaissons que nous ne sommes fondamentalement pas des maîtres (nous ne maîtrisons pas grand-chose) mais des élèves (nous sommes pétris et travaillés par la vie). Il y a aussi de l’innocence, de la confiance et de la simplicité dans l’enfance.

Mais, plus précisément, il est question d’enfants de Dieu. Nous sommes spirituellement enfantés par Dieu. Nos âmes ne naissent pas de la chair ou du néant, elles sont modelées et mues par le souffle divin. Et malgré notre « libre arbitre », nous restons sous cette paternité divine à chaque instant. Même quand nous l’oublions ou que nous n’y croyons plus. L’enseignement n’est pas que « terrestre », il veut nous porter vers le « plus grand », vers des qualités et des vertus qui transcendent les intérêts et profits de ce monde.

La nostalgie de l’amour dont je parle souvent est la nostalgie de l’amour qui nous a enfantés. Même dans l’oubli ou le rejet, nous gardons cette mémoire et cette empreinte en nous. Nous sommes en recherche de cet amour, alors que nous lui tournons le dos souvent.

Il faut effectuer un « retournement » en soi. Revenir en conscience à notre statut d’enfant de Dieu. Reprendre le contact depuis les profondeurs de notre âme, tel l’enfant prodigue qui revient à la maison après avoir dissipé son temps et son énergie dans le monde.

Pourquoi ? Quelqu’un me disait récemment : « Mais je ne veux pas être une mystique ! » Pourtant, l’âme qui se reconnaît enfant de Dieu lâche quelque chose de pesant dans sa vie. Elle accepte de ne plus se battre toute seule, de lever son regard vers Ce qui nous a enfantés et, comme dans nos filiations humaines saines, d’y recevoir un amour qui ne se tarit pas.

Les retrouvailles avec ce lien distendu par le monde et les priorités du personnage social sont fécondes : nous pouvons pousser un soupir de soulagement, nous ne sommes plus orphelins, plus dans une course insensée, une mémoire nous revient. Je suis déjà aimé(e). Quand le monde se ferme à moi, qu’il ne tient pas ses promesses, que la reconnaissance m’échappe, que tout me semble absurde, que l’amour est absent, je peux toujours me retourner vers le Divin car, à cet endroit suprême, je ne peux être déçu.

Être enfant de Dieu est une mémoire primordiale qu’il faut retrouver et nourrir ensuite, car le monde nous happe facilement et nous nous crispons à nouveau très vite sur notre pseudo statut de sachant, tout-puissant, indépendant, dominant.

L’enfant de Dieu est innocent, confiant et simple. Il prend ce qui lui est offert par le Père (et la Mère) et trouve sa joie, même dans la tempête, à se savoir sous ce regard divin.

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