ISTENQSTHIERRY VISSAC
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Un texte de Thierry Vissac

Le combat spirituel

Depuis quelques décennies, existe une valeur qui a pris sa juste place dans nos démarches : l’accueil. C’est arrivé tardivement dans notre histoire humaine. L’humanité avait jusque-là traversé des siècles de luttes et de refoulement, de guerres internes et externes, de négation de nos sensibilités, durant lesquels l’espace de la bienveillance, de la douceur à s’accorder et de l’ouverture à « ce qui est », n’étaient même pas concevables. On ne peut que défendre cette approche.

Mais comme souvent dans nos réflexes binaires, nous avons tendance à exclure les opposés et à manquer de nuance. Si l’accueil est une belle valeur qui a permis à de nombreuses âmes de grandir avec plus de douceur, il reste que certaines étapes de notre vie spirituelle s’apparentent à de justes combats intérieurs, également.

Le combat spirituel est même l’indicateur d’une avancée sérieuse. Il ne s’agit plus seulement de se satisfaire de ce que l’on est, au risque de se complaire dans nos travers, mais de ressentir un besoin impérieux de n’offrir que le meilleur de soi, à Dieu et aux humains.

Ce n’est pas la culpabilité, le jugement sur soi ou l’auto-sabotage qui motive ce passage mais le désir profond de ne plus se soumettre à des « stratégies » qui ont perdu de leur intérêt et leur fonction primaire de protection appartenant à la faille, à l’être blessé qui ne peut plus être notre seul guide.

On honore ce « combat » en le disant « spirituel ». On reconnait ainsi qu’un « non » s’est élevé en soi mais qu’il se dresse devant ce qui ne nous appartient pas ou plus et non pas devant notre nature profonde.

Nous hébergeons tous en nous certaines formes de résistance qui sont entretenues, comme si elles étaient plus fortes que nous. Le noble combat commence lorsque nous affirmons intérieurement notre désir d’avancer, quoi qu’il en coûte, en nous appuyant sur nos pratiques mais aussi sous le regard divin.

Je ne vais pas faire l’inventaire des combats possibles, plus personnels, mais on peut reconnaître la manifestation de ce combat spirituel même là où nous ne l’avions pas reconnue. Lorsque nous faisons le choix de l’amour plutôt que de la division, lorsque nous reconnaissons notre faille plutôt que de la défendre, lorsque nous nous engageons à grandir plutôt qu’à nous complaire dans les mauvaises habitudes. Ce sont des orientations simples et saines qui ne devraient pas perdre de leur force au nom de l’accueil ou de l’ouverture à « ce qui est ».

Le combat spirituel culmine dans le désir fervent de servir la vie divine, d’aligner sa volonté personnelle (et le fameux libre arbitre chéri) à celle de Dieu, de communier avec le projet d’amour originel.

Pour mener à bien ces combats intimes, nous devons les sentir portés par le souffle divin, pas par la honte, la dévalorisation et la culpabilité. Il faut alors puiser en soi en profondeur pour trouver cette force qui permet des traversées majeures dans nos vies.

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