ISTENQS
Ici se termine enfin
Notre quête Spirituelle

 

 

Rumeur et démarche de vérité

 

 

Thierry Vissac

 

Depuis qu’en France, il est venu à l’idée de certains « puissants » de se servir des groupes spirituels comme boucs émissaires des maux de notre société (ils les appellent « les sectes »), il est difficile de témoigner ou de partager son expérience sans être rapidement l’objet de rumeurs, des plus stupides aux plus sordides.

 

Les rumeurs sont cependant véhiculées autant par ceux qui les ont créées intentionnellement que par ceux qui les entendent involontairement. Il y a en effet une tendance générale à « croire à tout ce qu’on nous dit ». La parole d’un autre, pour un esprit qui a l’habitude d’être modelé par les opinions, laisse toujours au moins une trace de doute, quand ce n’est pas un choc.

 

Ainsi, aujourd’hui, de nombreux témoins spirituels, surtout les moins tièdes d’entre eux, subissent les calomnies les plus basses relayées par ceux qui les entendent. Et, au lieu de tenter de les vérifier comme on devrait le faire pour toute chose avant d’en faire une vérité personnelle, les diffamations et les injures circulent avec force, et cela d’autant mieux maintenant que nous sommes à l’ère de l’Internet.

 

La force de la peur, la force du conditionnement collectif, la force de l’incompréhension.

 

Les mêmes puissants qui vivent du mensonge et de la manipulation, comme de nombreux événements récents nous le démontrent, montrent du doigt de petits groupes spirituels ou thérapeutiques en les dénonçant comme "l’axe du mal" français, comme les causes de la « manipulation mentale » ou de différents abus dont ils seraient presque, à les entendre, les inventeurs.

 

Et la campagne est automatiquement relayée par une population formatée à cela. Il y a en effet, parmi les chercheurs spirituels, et cela depuis la nuit des temps, des personnes qui n’apprécient pas d’avoir reçu une réponse inattendue et pourtant salutaire à leur questionnement existentiel, comme celles à qui l’on montre leurs schémas récurrents de comportements afin qu’elles cessent de les alimenter ou celles qui ne reçoivent pas l’affection exclusive qu’elles étaient venues chercher tout en disant chercher l’éveil spirituel.

 

Parce que c’est ainsi, le conseil spirituel véritable est sans concession. Il ne peut pas être que consolation et place chacun en face de ses responsabilités.

 

Mais ces « déçus » ne savent pas rester avec 1 l’enseignement qui leur est donné et, afin d’apaiser leur colère, s’abreuvent fréquemment à la croisade antisectes qui fait les choux gras des médias en France. Ainsi, une jalousie passagère, une vexation, ou une difficulté à accepter de regarder les choses en face en conduit quelques-uns à « se plaindre », sachant que leur plainte ne sera pas sans effet et qu’il y a comme une impunité aujourd’hui à dire n’importe quoi sur n’importe qui. Je connais même des personnes qui ont obtenu la garde de leurs enfants lors d’un divorce, de manière expresse, simplement parce qu’elles ont dit que leur conjoint « était dans une secte » … formule facile qui vaut cent procès et semble avoir la faveur de certains juges.

 

Il y a un manque de discernement à tous les niveaux. Autant à celui du gouvernement, qui alimente ces petites guerres sans substance, de la justice qui ne fait pas honneur à sa mission d'indépendance en se laissant gagner par la médiatisation, qu’à celui des auditeurs, téléspectateurs et chercheurs à la fois, qui se vautrent dans la dramatique et superficielle diffusion des rumeurs.

 

Parce que la rumeur n’est pas faite que de mots dont on pourrait se « détacher » pour « être Zen », elle est l’instrument d’une tentative grandissante de discréditer le message d’éveil spirituel et conduit à des sanctions aberrantes.

 

Je vois la rumeur à l’œuvre un peu partout et sa mécanique mesquine est implacable. Je vois comment nous pouvons en être, à notre insu parfois ou par goût de la provocation, les vecteurs. Mais je crois aussi que nous vivons une époque où nous devrions nous associer à une démarche de vérité, autant à l’égard de ce qu’on entend que de ce qui s’exprime en nous.

 

Parce que notre collaboration à l’œuvre de la rumeur, anodine en apparence, est en train, en jouant de nos faiblesses, de ternir ce que nos sociétés avaient jusque-là préserver de plus beau et de plus juste.

 

(1) Lire :  "être avec ce qui est".

 

 

  © Thierry Vissac, Textes, photos et dessins sur toutes les pages du site .