ISTENQS
Ici se termine enfin
Notre quête Spirituelle
 

 

 

Laisser être

 

Thierry Vissac

 

L'ouïe du cœur aux aguets, considérons à nouveau ensemble ce qui semble n'être qu'une idée confuse pour le mental : l'Abandon.

Généralement, le lâcher prise, comme l'abandon dont je parle, est compris comme une action volontaire. On dit facilement « Il faut que je parvienne à lâcher prise ! ». En réalité, l'Abandon peut être vu comme une non-action exemplaire, il est un laisser être.

Voyons, autant que les mots peuvent le décrire, comment cela s'applique... aux pensées, par exemple.
Le mental est un flot de pensées, il n'est rien d'autre, il n'est pas le récipient des pensées, il n'existe que par le flot de pensées. Ces pensées ne doivent pas être acceptées voire réprimées ou même nourries, elles peuvent simplement exister. Nous pouvons les laisser passer, sans attraction ni répulsion. Ce voyage éphémère à travers la petite personne est leur nature, tout autre relation que nous entretenons avec elles est superflue et source de douleur.
Une pensée typique, pour celle ou celui qui l'observe, pourrait être actuellement : « Les attentats terroristes sont inacceptables !».
Il ne s'agit pas plus de réprimer cette pensée que de nourrir les arguments qui lui donnent raison. Il ne s'agit pas de nier les sentiments que nous éprouvons face aux attentats, ni de les exacerber. Ils peuvent être, sans même une anticipation sur le fait qu'ils existeront peut-être toujours en nous, ou que nous évoluerons suffisamment pour qu'ils changent ou disparaissent.

Nous nous interrogeons parfois alors sur la neutralité. Laisser être, ce ne serait donc pas être neutre, puisque ce qui nous traverse existe toujours. 

Est-il possible d'être neutre devant un événement comme un attentat terroriste ?

Les réactions dépendront des conditionnements, souvenirs, peurs etc. qui font leurs structures (comme le mental, l'ego n'est pas un récipient, il est constitué d'un agrégat de mémoires). On ne peut stopper les réactions. Mais le on en question n'est pas limité aux réactions ou au mental qui sont des manifestations transitoires auxquelles nous avons identifié notre vie, notre "sentiment d'exister".
L'ego spirituel cherche à trouver la stratégie qui lui permettra de rendre les réactions acceptables. La relation juste, c'est les laisse être. Et les laisser se dissoudre.

Mais que faire de l'attitude spontanée de l'ego spirituel ? Il faut la laisser être également. Mais, encore une fois, et pour éclairer l'attention que je porte habituellement sur la rigueur et l'honnêteté, laisser être n'est pas réellement du laxisme, tout comme ce n'est pas de la complaisance. Laisser être est l'attitude la plus naturelle. Ce n'est pas quelque chose qui s'éduque, cet Abandon est notre nature profonde. Et il se trouve que c'est ainsi que les choses se dissipent.

Nous nous sommes réveillés un matin avec des "pensées noires". Laissons-les venir à nous, plutôt que d'en faire quelque chose comme nous croyons devoir le faire (que ce soit "mettre un couvercle" dessus ou les alimenter). Vous verrez, à un moment ou un autre, ces pensées se délier de votre existence, comme si elles ne vous appartenaient pas (cela est la réalité fondamentale).
Laisser être est comme un grand sourire au dedans de Soi. Un sourire divin.


  © Thierry Vissac, Textes, photos et dessins sur toutes les pages du site .