ISTENQS
Ici se termine enfin
Notre quête Spirituelle

 

L'acte d'amour

fondamental 

Témoignage (Isabelle) : « Cette semaine quand je me suis déportée au travail, à la recherche du "bien faire", pour exister dans le regard des autres, c'était une tension, une fatigue. C'était agité, je n'arrivais pas à me pauser. J'ai décidé de me sevrer. Les mêmes impulsions automatiques sont arrivées en moi. J'ai eu peur qu'en ne les satisfaisant pas, "ça se voie que je suis nulle". Je n'ai pas répondu à mes impulsions et il n'y a pas eu de catastrophe, seulement une sorte de solitude bienfaitrice, et quelque chose en moi qui est resté la bouche ouverte, les yeux écarquillés, le ventre creux et en arrêt. » 

Extraits de « pièges et illusions de la démarche spirituelle » Thierry Vissac :

Les êtres humains demandent l’amour mais ils vivent une immense difficulté à s’aimer eux-mêmes. Il n’est alors pas surprenant qu’ils se soient tous précipités à le chercher « au-dehors » dans les quêtes les plus extravagantes.

Comment inviter, dans ces conditions, une personne intimement convaincue que l’expérience de l'amour ne s’éveillera jamais en elle, à trouver ce qu’elle cherche en son propre sein ? Comment restaurer, dans ces conditions, un regard bienveillant à l’endroit qui mérite toute son attention : elle-même ? Comment toucher le cœur meurtri d’un être persuadé qu’il ne pourra jamais être « en amitié avec lui-même » ?

Tous ces chercheurs ont entendu au moins une fois qu’il fallait « trouver l’amour en soi » ou que « le maître intérieur » existait au-dedans ou encore que nous étions des « parcelles divines » ou même que nous contenions « l’infini en nous-mêmes ». Mais ces idées sont restées comme de jolies pensées, comme des confettis piétinés après la fête. Parce que, dans le fond, chacun a vu apparaître une autre idée, mieux ancrée dans la chair : « Il n’existe rien en moi qui puisse me combler, il est nécessaire que je cherche le complément au-dehors (amants, maîtres spirituels, figures maternelles ou paternelles), dussé-je m’y perdre, m’y casser les dents, je ne peux qu’être comme Sisyphe roulant sa pierre sur le flanc de la montagne, condamné à la voir retomber à chaque fois ».

J’ai lu cette certitude muette dans les yeux de centaines de personnes. Il y a bien toujours comme une petite pépite en arrière-plan, une braise d’espoir qui dit : « J’aimerais croire cela, j’aime bien ce que tu me dis », mais l’éclat qui domine avant tout est celui de la conviction profonde du néant en soi.

Qu’est-ce qui peut me permettre d’affirmer que l’on trouvera « en soi » mieux que les miettes que l’on trouve au-dehors ? J’ai entendu plusieurs personnes me renvoyer que, les miettes, « c’était toujours ça de gagné  » (…) :

- Je cherche la consolation et j’entretiens mes illusions, c’est vrai. J’en suis conscient, quoi que je dise. Mais qu’avez-vous d’autre à proposer ? 

- Vous devez trouver en vous votre propre fondation (…) Personne n’a le pouvoir de vous remplir d’amour, personne ne peut combler le trou que vous avez éventuellement dans le cœur, personne n’est mandaté par le Divin pour fournir quelque chose que la vie ne vous aurait pas donné autrement. Il y a une belle surprise à soulever le couvercle du coffre au trésor sur lequel nous sommes assis. Il faut s’attendre à quelques bouleversements dans cet engagement profond mais la recherche qui se tourne « vers l’autre » comme source de notre salut était de toute façon erronée.   


 

 

 

© Thierry Vissac, Textes, photos et dessins sur toutes les pages du site .